Comme vous avez pu le constater, nous avons choisi de ne pas communiquer ces derniers temps, afin de ne pas interférer avec les tentatives de conciliation qui se déroulaient "en coulisse". Il faut admettre aujourd'hui que la médiation a échoué. Nous nous exprimerons plus en détail sur cet échec dans un prochain message. Mais avant celà, nous reproduisons ci-dessous un nouveau communiqué des salariés de L'Association, qui contient une partie des informations sur lesquelles nous reviendrons.

Chers adhérents, chers auteurs, chers amis,

Comme vous avez pu le lire, l’assemblée générale ordinaire de L’Association se tiendra le lundi 11 avril prochain à 10h.

Nous n’avons pas pris la parole depuis la fin de la grève, en grande partie parce que nous souhaitions que l’assemblée générale soit convoquée dans les meilleurs délais. Toute prise de parole de notre part, puisqu’elle aurait critiqué ce qui s’est produit depuis le 9 février, aurait pu en retarder la convocation.
 
Rappelons que les statuts définissent le rôle de l’assemblée générale ordinaire comme suit :

  • - renouveler tous les deux ans le conseil d’administration, élu par les adhérents,
  • - soumettre au vote des adhérents les rapports d’activité et financier de l’année précédente.

Étant donné que notre légitimité à aborder le volet juridique a été questionnée — relativement à notre demande de convoquer une assemblée générale ordinaire — il nous semble opportun de clarifier les raisons pour lesquelles nous nous sommes engagés sur ce terrain (point 1).
Nous reviendrons ensuite sur les semaines qui viennent de s’écouler (point 2).


1) L’ASSOCIATION EN DANGER ?

Les raisons du mouvement de grève

Nous nous sommes mis en grève suite à l’annonce le 3 décembre 2010 de trois à quatre licenciements, sans qu’il puisse être discuté de l’argument économique qui les motivait ni que nous soit offerte la possibilité de proposer des solutions alternatives.

En juin 2010, suite à des allusions répétées à des difficultés économiques encourues par la structure, Jean-Christophe Menu s’était engagé à ce que nous nous asseyions autour d’une table, en septembre de la même année, pour envisager ensemble l’avenir de L’Association et discuter d’un projet commun.

Malgré nos nombreuses sollicitations à partir de septembre (auprès de Jean-Christophe Menu et du bureau), nous n’avons obtenu aucune date de réunion avant le 3 décembre où, en guise de projet, on nous a annoncé ce licenciement collectif.

Nous avons été, entre le 3 décembre 2010 et le 10 janvier 2011 (date du début de notre grève), dans l’impossibilité de trouver un interlocuteur, le bureau et Jean-Christophe Menu se renvoyant la balle sur leur responsabilité à s’engager dans une discussion.

Nous vous rappelons qu’à aucun moment nous n’avons été opposés à ces licenciements tant qu’une discussion pouvait être menée pour envisager d’autres options.

Si, en tant que salariés, nous n’avons pas notre mot à dire sur le volet juridique, nous sommes en droit de demander un cadre de travail clair, de pouvoir identifier à qui incombent les responsabilités, surtout quand il est question de décisions aussi graves que des licenciements.

Nous avons donc dénoncé la légitimité du bureau, représentant légal de L’Association, qui ne s’est que rarement impliqué dans la vie de la structure et dont le mandat est expiré depuis le 10 septembre 2007. Nous souhaitions que soit convoquée une assemblée générale pour qu’ait lieu l’élection d’un conseil d’administration (comme le prévoient les statuts), composé de personnes prêtes à s’investir réellement, à assurer un véritable suivi, à même de faire le lien entre Jean-Christophe Menu et les salariés et capable, si nécessaire, de jouer le rôle de conseil.

Au cours de l’assemblée générale ordinaire annuelle doivent être présentés les rapports d’activité et financier de la structure. Les licenciements ayant été motivés par des raisons économiques, il nous paraissait primordial qu’elles soient exposées aux adhérents.

L’Association, une structure économiquement saine

L’ordre du jour de l’AG du 11 avril ne prévoyant ni un point sur l’activité de ces cinq dernières années, ni une présentation des comptes 2010 ou des exercices précédents, nous souhaitons vous faire part de certains éléments en amont pour que vous puissiez questionner les propos des instances dirigeantes et voter en connaissance de cause.

Certains d’entre vous ont déploré que nous n’avancions pas de chiffres pour justifier notre position, quand nous disions que la structure était saine et que nous étions en droit de mettre en doute l’argument économique des licenciements. Notre statut de salariés rendait la divulgation d’informations internes à la structure extrêmement délicate. Cependant, étant donné que Jean-Christophe Menu s’appuie dans son texte public Bandelettes sur les chiffres en omettant des détails d’importance, donnant ainsi une lecture partielle (voire erronée) de la situation, nous avons le devoir de vous informer en prévision de l’AG du 11 avril 2011.

Tout d’abord, contrairement à ce qu’affirme Jean-Christophe Menu, le résultat d’exploitation des dernières années est un bénéfice d’exploitation et non un déficit.

En 2008 :

  • - chiffre d’affaires : 1.769.391 euros
  • - résultat d’exploitation: +241.587 euros
  • - résultat net : +185.773 euros (bénéfice)

En 2009 :

  • - chiffre d’affaires : 1.171.769 euros
  • - résultat d’exploitation : +87.834 euros
  • - résultat net : +69.767 euros (bénéfice)

(résultat d’exploitation = résultat hors produits (ou charges) financiers et impôts) (résultat net = bénéfice ou perte)
source : rapports d’activités 2008 et 2009 de L’Association à la Pulpe produits par l’expert-comptable

La grève a été levée à l’issue de la réunion du 8 février qui s’est tenue chez notre avocat en présence de Jean-Christophe Menu, des membres du bureau, des salariés, de l’expert-comptable et d’Emmanuel Guibert et François Girard à titre de témoins. Nous y avons présenté notre interprétation des chiffres selon laquelle, en dehors de l’accident lié à la liquidation du Comptoir des indépendants, nous serions bénéficiaires en 2010. L’expert-comptable n’a pas invalidé notre analyse et a affirmé (les éléments comptables n’étant pas arrêtés, il s’agit simplement d’une évaluation officieuse de sa part) que notre résultat net serait de 50.000 euros environ.

L’Association, après avoir connu une certaine prospérité, semble être non pas dans une phase de profonde décroissance mais plutôt de stabilisation.

Si la liquidation du Comptoir des indépendants laisse une ardoise qui s’élèvera au maximum à 150.000 euros, L’Association a les liquidités suffisantes pour faire face à cet accident. Et les liquidités restantes permettent amplement de subvenir au besoin en fonds de roulement (trésorerie nécessaire au fonctionnement de l’activité).

Enfin, Jean-Christophe Menu écrit dans son texte public Bandelettes que, conscient des difficultés de L’Association, il avait décidé de se faire licencier de la structure en mars 2010. Il a effectivement été licencié et les indemnités légales correspondant à ses dix années de présence lui ont été versées. Ce qu’il omet de dire, c’est que, sur le prévisionnel 2011 qui nous a été fourni le 28 janvier 2011, figure une ligne d’honoraires annuels ayant pour bénéficiaire Jean-Christophe Menu et s’élevant à 60.000 euros. S’il est normal que le directeur éditorial soit rétribué pour son travail, il est malhonnête d’utiliser son départ pour induire tacitement que la structure est fragile, qu’il s’est sacrifié pour L’Association, alors qu’il compte se rémunérer à cette hauteur en 2011.

  Pour quelles raisons, alors que la situation financière de L’Association est saine, prétendre le contraire ?


    2) LE POINT SUR LES DERNIERES SEMAINES

Nous avons repris le travail le 9 février suite aux trois engagements du bureau et de Jean-Christophe Menu :

  1.    l’annulation des licenciements,
  2.     la convocation d’une assemblée générale le 5 mars,
  3.     l’assurance que la liste des membres d’honneur (liste des personnes éligibles au conseil d’administration) serait établie en concertation avec les salariés.

Il n’apparaît pas forcément légitime que nous soyons, en tant que salariés, consultés sur l’élaboration de la liste des membres d’honneur. Nous avons fait cette demande après l’épisode de l’assemblée générale extraordinaire du 22 janvier convoquée en catimini. Ce jour-là, sans convier les adhérents, le bureau actuel (en dehors de Laetitia Zuccarelli la trésorière) et Jean-Christophe Menu avaient tenté de mettre en place un nouveau conseil d’administration.

Il nous paraissait important que cette liste soit la plus large possible, et ceci en conformité avec les statuts et le règlement intérieur qui définissent notamment comme membres d’honneur « ceux qui ont été désignés comme tels par le Conseil d’Administration en raison des services éminents qu’ils ont rendus à L’Association » (article 4 des statuts) ou « les auteurs ayant régulièrement ou récemment publié à L’Association » (article 3 du règlement intérieur).

Valider ensemble une liste de membres d’honneur devait permettre à toutes les bonnes volontés de se manifester et de présenter leur candidature au conseil d’administration. Ce conseil aurait ainsi pu être composé de personnes ayant d’une part des affinités avec Jean-Christophe Menu et les salariés, afin de faire le lien et l’intermédiaire entre l’éditorial et la gestion, et d’autre part une implication à différents niveaux de la chaîne du livre, capables donc d’avoir un regard averti sur notre activité.

Le 15 février, le bureau, Jean-Christophe Menu et les salariés ont travaillé à l’élaboration de cette liste (François Girard et Emmanuel Guibert étaient de nouveau présents). Nous nous sommes accordés sur une liste de 134 personnes.

Le lendemain, Jean-Christophe Menu se rétractait, demandant que certaines personnes soient retirées (éditeurs amis de la structure et salariés). La validation de la liste des membres d’honneur avait été définie comme un préalable à la convocation de l’assemblée générale par la présidente. Les jours suivants (les 18, 21, 23 et 25 février), les salariés ont envoyé plusieurs relances au sujet de la validation de cette liste et de la convocation à l’assemblée générale ordinaire.

Le 2 mars, le conseil d’administration, dont le mandat est expiré depuis le 10 septembre 2007, a validé, à deux voix contre une, une liste de membres d’honneur réduite à 14 personnes.

Jean-Christophe Menu nous a informé le 9 mars de cette décision : le conseil d’administration allait être élu parmi cette prétendue « liste de membres d’honneur » réduite à 14 noms et nous n’avions pas notre mot à dire à ce sujet.

Cette nouvelle liste de membres d’honneur, choisis dans l’entourage de Jean-Christophe Menu et dont la bonne volonté supposée ne remplace pas une connaissance réelle du fonctionnement de L’Association, de ses auteurs et de ses salariés, met en relief que ce n’est pas de l’avenir de la structure que Jean-Christophe Menu s’inquiète mais d’en conserver le contrôle.

Dans leur « Communiqué Officiel » du 19 mars, Patricia Perdrizet et Jean-Christophe Menu présentent la validation d’une nouvelle liste de membres d’honneur comme une mise en conformité « pour régler les déficits juridiques constatés ». Il s’agit en réalité d’un passage en force.

Cette crise est liée à un manque de dialogue et à des relations humaines défaillantes au sein de L’Association. Jean-Christophe Menu avoue dans son texte Bandelettes ses lacunes sur le plan humain : « on peut m’attaquer sur mon manque de faculté au dialogue et aux relations humaines, et on aura raison : je n’ai jamais caché que ce n’était pas mon point fort ». Il a, malgré cela, décidé seul de la solution à apporter à cette crise qui est d’imposer son conseil d’administration en réduisant la liste des personnes qui y sont éligibles.

  L’assemblée générale a été convoquée un lundi matin à 10h, premier jour des vacances scolaires de la zone C, pour qu’un minimum de personnes puisse y assister et participer au débat.

L’ordre du jour est limité à un seul point : l’élection d’un conseil d’administration parmi une liste de membres d’honneur très contestable.

La présentation des rapports d’activité et des bilans comptables des années précédentes n’est pas à l’ordre du jour, contrairement à ce que les statuts exigent (article 13).

Vous aimez L’Association. Votre champ d’action peut paraître restreint. En réalité, ce n’est pas le cas. L’assemblée générale est le lieu du débat entre les adhérents : des décisions peuvent être prises, des propositions peuvent être faites, dans le cadre strict de l’ordre du jour. Il est de votre responsabilité de prendre part à la discussion et au vote pour élire les membres du futur conseil d’administration qui vous paraissent les plus à même d’assurer le bon fonctionnement de la structure dans l’avenir.

Si vous ne pouvez assister à l’AG, faites-vous représenter par un autre adhérent en lui transmettant votre pouvoir.

Nous vous attendons nombreux.

Les salariés