Nouveau communiqué des salariés de L'Association
Par Le comité de soutien le dimanche 30 janvier 2011, 11:22 - Lien permanent
Nous relayons avec quelques jours de retard un nouveau communiqué des
salariés de L'Association faisant le point sur leur situation et celle de la
structure:
"Chers adhérents, chers auteurs,
Après deux semaines de grève dans les locaux de L'Association et de nombreuses propositions de soutien de votre part, il est temps de vous tenir informés de l'évolution de la situation.
Nous n'avons eu, durant ces deux semaines, que très peu de manifestations du bureau et de JC Menu. Seulement une réunion le 12 janvier avec la présidente (Patricia Perdrizet), la secrétaire générale (Isabelle Chipot) et l'expert-comptable, au cours de laquelle nous nous sommes vus accusés d'avoir rendu publique la "crise interne" que traverse L'Association aujourd'hui. Et c'est tout. Les justifications chiffrées qui pourraient expliquer l'annonce du licenciement de la moitié de l'équipe salariale et que nous attendons depuis maintenant deux mois ne nous ont toujours pas été exposées. Par ailleurs, aucune date précise pour la tenue d'une assemblée générale ordinaire n'a encore été arrêtée.
La présidente et la secrétaire du bureau (soient les deux tiers du bureau, la trésorière Laetitia Zuccarelli s'étant désolidarisée du bureau suite à son désaccord avec ce dernier) nous ont proposé jeudi 20 janvier une autre réunion, prévue pour le lundi 24 janvier et censée répondre à nos revendications. Pour cela, ces deux tiers ont décidé de s'adjoindre, aux frais de L'Association, les services d'un "psychosociologue et universitaire" afin de "clarifier" le dialogue.
Il faut néanmoins revenir sur les événements de ce week-end, et plus précisément sur le samedi 22 janvier. Une vingtaine de personnes, soit tous les salariés, quelques auteurs, adhérents et la trésorière de L'Association, ont dû intervenir pour interrompre une assemblée générale extraordinaire tenue secrètement, en toute illégalité. Y étaient présents JC Menu, la présidente et la secrétaire du bureau, quatre personnes présentées comme membres d'honneur de L'Association et l'avocat du bureau. Après diverses tergiversations teintées de mépris, les personnes en présence nous ont finalement avoué à demi-mot tenir une assemblée générale extraordinaire, vraisemblablement planifiée du jour au lendemain (juste avant la réunion que les salariés organisaient à 15h le jour même, afin d'exposer la situation aux auteurs qui le souhaitaient), afin d'y modifier les statuts de L'Association, et ce, sans convoquer un seul adhérent (ce qui est contraire à l'article 13 des statuts ci-joints), mais avec une poignée de prétendus membres d'honneur, dont certains d'entre eux ne figurent pas sur la liste en notre possession.
Vous comprenez bien qu'après pareil événement, il était impossible pour nous d'accepter la réunion du 24 janvier sans prendre le temps de trouver un avocat prêt à nous épauler.
C'est donc avec encore plus de force aujourd'hui que nous dénonçons le fonctionnement global de L'Association. La grève sera reconduite jusqu'à ce qu'une convocation à une assemblée générale ordinaire tenue dans les règles soit expédiée à tous les adhérents et membres d'honneur de L'Association. Aucun salarié n'est prêt à reprendre le travail sous la direction du bureau actuel et de JC Menu dans les conditions décrites plus haut.
Lors d'une assemblée générale ordinaire, les adhérents et les personnes considérées comme "membres d'honneur" (en raison de services rendus à la structure, ou pour avoir publié régulièrement ou récemment à L'Association) élisent un conseil d'administration de 2 à 7 personnes, parmi les membres d'honneur qui se sont présentés candidats. Le conseil d'administration ainsi élu désignera ensuite, parmi ses membres, les 2 à 3 personnes composant le bureau: président, trésorier et/ou secrétaire.
Le samedi 22 janvier, JC Menu et les deux tiers du bureau actuel cherchaient à remodeler à leur avantage cette liste de membres d'honneur et les statuts. Il faut rappeler que le bureau actuel n'a jamais été désigné dans les règles, qu'il s'agit jusqu'ici d'un bureau de prête-noms. Actuellement le conseil d'administration est constitué des membres du bureau.
Il paraît évident que le fonctionnement de L'Association est un mauvais fonctionnement, en désaccord total avec les principes fondateurs de L'Association et l'utopie éditoriale collective qu'elle est censée incarner.
Nous avons eu beaucoup de bons échos ce samedi à la réunion salariés-auteurs que nous avions organisée, alors que de nombreux auteurs découvraient, non sans surprise, une situation complexe et intolérable. Après avoir exposé les dérives actuelles et passées (gestion autocratique du personnel, en terme de prises de décisions non débattues et discutables, en termes de reports systématiques de questions urgentes (comme le site internet ou la réduction du stock), un autre modèle de fonctionnement s'est dessiné très naturellement au fil des discussions.
L'Association devrait fonctionner comme un vrai collectif d'auteurs, épaulés par une équipe de salariés considérés, et encadrés par une structure responsable et démocratique.
Un projet va s'élaborer dans les prochains jours, mettant à contribution les auteurs, les salariés, les proches, et JC Menu, s'il le souhaite. Il nous faut encore travailler sur les articulations précises entre un bureau et un conseil d'administration présents et concernés, un comité éditorial composé d'auteurs aux mandats renouvelables et une équipe de salariés responsabilisés.
Vous pourrez exprimer votre soutien à ce projet par un vote, dans le cadre démocratique de la prochaine assemblée générale ordinaire. Nous vous exposerons ce projet bien évidemment plus en détail, en temps voulu, accompagné d'une liste de personnes éligibles au conseil d'administration.
La question de savoir si JC Menu prendra part ou non à ce projet en tant que membre du comité éditorial et/ou directeur artistique, lui appartient."
Éric Bricka Carmela Chergui Marie Chesnais Fanny Dalle-Rive Nicolas Leroy Philippe Reveau Frédéric Van Linden
Commentaires
Merci d'avoir posté le communiqué. Il est clair et d'un ton posé qui donne l'impression d'être dans une démarche de progrès.
J'apprécie aussi que 2 irritants aient été soulignés explicitement: le site web et la réduction des stocks (ce dernier point visant au moins, on l'aura compris, les 600 palettes d'invendus de Tardi chez jcm-éditions).
Et puis: "L'Association devrait fonctionner comme un vrai collectif d'auteurs, épaulés par une équipe de salariés considérés, et encadrés par une structure responsable et démocratique." Voici une proposition qui devrait rassembler (il n'y a aucune chance qu'une 'démocratie' fonctionne en pratique pour cette association, mais ce n'est pas grave: celui qui osera le souligner sera traité de méchant). On se permettra d'observer que, quand on a décidé d'adhérer, ce ne fut jamais pour soutenir un concept quelconque, mais simplement pour aider à l'édition de livres. En ce qui me concerne, j'aurais tout aussi bien être "mécenne" à la place de "membre", et j'aurais continué à verser mon écot de la même façon.
Merci ! C'est plus simple de se faire son propre avis et de comprendre votre situation avec ce ton adulte et professionnel (je m'étais effacée de la pétition car j'étais mal à l'aise). Cela fait plaisir de voir que les choses se débloquent un peu pour vous et avancent à petits pas.
Pour infos, dans les Maisons des Associations il existes des aides juridiques. Et des avocats gratuit dans les mairies.
Bonne continuation à vous et au plaisir de lire votre futur projet.
Et si... tous les auteurs de l'Association s'en allait en créer une autre d'association d'auteurs de BD... financée par une BD de chaque fondateur de feu l'Association ou des auteurs marquants ? Dommage pour le catalogue de l'Association, mais franchement comment dialoguer dans la situation décrite dans ce post ? Bon courage dans tous les cas pour votre lutte.
Pourquoi "dans le milieu" il se dit souvent que l'Association aurait du devenir une boîte privé ? Pour empêcher le départ des auteurs les plus connus et donc les plus rentables (une boîte privé pouvant leur assurer une meilleure publicité et diffusion). Sans les ventes de Marjane Satrapi ces dernières années, l'Association aurait elle pu tenir le coup financièrement face à la concurrence, personnellement je ne le crois pas.
Aussi je me demande qu'elle est l'intérêt pour l'avenir de rester en Association ?
Assise telle un satrape (= « protecteur du pouvoir, royaume »), je n'ai pas vu le nom de Marjane dans la pétition ?