Longue vie à L'Association

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lundi 16 mai 2011

Communiqué de L'Association

Voilà un moment que nous n'avions pas publié de nouveau message sur ce blog. Pour répondre à ceux qui s'en étonnaient, ce choix était délibéré et ne traduisait en rien un désintérêt du comité pour la situation de L'Association. Il était nécessaire que les discussions se déroulent loin du débat public et que le contact s'établisse à nouveau entre les différents acteurs de la structure, salariés, auteurs et fondateurs.

Nous pouvons dire aujourd'hui que nous sommes à la fin de ce conflit qui aura duré près de six mois et que l'issue que nous appelions de nos vœux — et qui semblait à certains si peu réaliste — est en train de se réaliser, comme l'assemblée générale permettait déjà de l'espérer.
Nous relayons ci-dessous un communiqué du nouveau bureau de L'Association, dont nous espérons qu'il servira de conclusion à ce blog; en toute logique, nous mettons un terme à notre action, dont nous nous réjouissons de constater les conséquences positives.

Nous tenons encore à remercier tous les auteurs, les lecteurs, les libraires, les journalistes et les sympathisants qui ont apporté leur soutien au comité et, à travers lui, à L'Association.
Au revoir à tous. Et Longue vie à L'Association.


Le communiqué du bureau de L'Association:

"Bonjour à tous,

voici un petit message pour vous informer de la situation actuelle au sein de l'Association.

L'ancien bureau a décidé de ne pas contester les résultats du vote de l'assemblée générale d'avril 2011.

Mattt Konture, Mokeit, JC Menu, Killoffer, David B. et Lewis Trondheim travaillent de concert.

Un nouveau bureau a été élu à 5 voix. Il y a eu 2 abstentions.
David B. : Président,
Killoffer : Secrétaire,
Lewis Trondheim : Trésorier

Stanislas nous a fait part de sa décision de ne plus vouloir entendre parler de l'Association. Peut-être reviendra-t-il sur sa décision…

Il y a eu plusieurs rencontres avec les uns et les autres. Et de nombreux échangent de mails positifs.
Une prochaine réunion est prévue fin mai pour mettre au point le fonctionnement entre fondateurs et l'équipe des salariés.
Des projets se mettent en route.
Un nouveau comité éditorial va se mettre en place. Des auteurs historiques de l'Association seront sollicités pour se joindre aux fondateurs.
Une nouvelle assemblée générale se tiendra à la rentrée pour faire le point. Une liste très élargie des membres d'honneur sera officialisée. Le bureau actuel démissionnera et un nouveau bureau sera élu. Ce sera également l'occasion de faire la fête.

Merci à vous tous.

le bureau"

mardi 19 avril 2011

Fin des enchères

Les ventes aux enchères de dessins originaux au profit des salariés de L'Association se sont achevées hier. Les fonds recueillis ont servi à payer l'avocat présent à l'A.G du 11 avril ainsi que les différents documents imprimés et affranchissements postaux nécessités par l'action de ces derniers mois.

encheres

mercredi 13 avril 2011

Compte-rendu d'Assemblée Générale

L’Assemblé Générale de L’Association s’est donc déroulée le lundi 11 avril 2010 au Point Éphémère, à Paris.

À dix heures, une centaine de personnes attendent à l’extérieur de la salle. Il faut environ une heure pour que les identités des adhérents soient vérifiées. Les salariés distribuent un tract sur lequel ils proposent de voter pour une liste différente de celle concoctée par le bureau et constituée des 7 membres fondateurs, David B., J.C Menu, Stanislas, Mattt Konture, Killoffer, Lewis Trondheim et Mokeït.

À 11h10, tout le monde a pénétré dans la salle. Les tentatives de médiations sont encore en cours dans un coin de la salle, réunissant J.C Menu, David B., Lewis Trondheim, Charles Berberian, Emmanuel Guibert, Étienne Lécroart et Killoffer. Assises à une table près de la scène éclairée (la salle restera dans la pénombre), une huissière et sa sténo-dactylo sont chargées de consigner les débats, à la demande du bureau et avec l’accord des salariés.

À 11h25, Patricia Perdrizet, la présidente, monte sur scène. Elle annonce que le but de l’A.G est de choisir dans la liste des membres d’honneurs proposée par le bureau les 7 membres du conseil d’administration. Des vois s’élèvent pour réclamer que des questions plus générales soient abordées, comme la présentation du bilan. Patricia Perdrizet explique que ces questions feront l’objet d’une autre A.G qui sera convoquée avant l’été. Protestations dans la salle. Une adhérent questionne Patricia Perdrizet sur la date et l’heure de l’A.G, rappelant que toutes les précédentes A.G avaient eu lieu au cours de week-end. Patricia Perdrizet lui répond que ce choix a été fait pour limiter le nombre de participants et éviter «que l’A.G se déroule mal». Rires dans la salle. Après quelques échanges confus, Killoffer prend la parole et apostrophe Patricia Perdrizet sur sa présence sur scène. Elle lui répond qu’elle est là en tant que Présidente de L’Association. Killoffer lui coupe la parole et demande à ce que Menu s’exprime plutôt qu’elle, expliquant au public comment le bureau s’est constitué de longues années auparavant autour de «prête-noms» (dixit).

À 11h35, Menu monte sur scène et prend le micro. Il apparaît alors clairement que le dispositif scénique n’est à l’avantage de personne, les adhérents étant ramenés au rôle de «public» et les intervenants se retrouvant sous «le feu des projecteurs». J.C Menu parvient tout de même à donner sa position, expliquant que la liste proposée par «la masse salariale» n’est pas juridiquement recevable et exprimant sa lassitude face au conflit. Il demande à être jugé sur son bilan. Des voix s’élèvent, la confusion s’installe. Plusieurs personnes sont montées sur scène: les membres de la liste du bureau, sur la droite, et les fondateurs présents (David B, Killoffer, Mokeït et Lewis Trondheim) sur la gauche, à côté de Menu. Cette répartition sur la scène est visuellement troublante pour beaucoup de spectateurs.
Des voix dans la salle réclament que les deux listes concurrentes soient fusionnées. Patricia Perdrizet rejette cette option en en rappelant l’irrégularité juridique. Anne Baraou, ancienne «bras droit» de Menu l’interpelle: «Arrêtez avec le juridique, ce n’est pas ça L’Association ! On est ici entre nous, on peut discuter !» Patricia Perdrizet veut rester formaliste: «On est pas entre nous.» «On est entre toi!» lui crie un spectateur. Les salariés contestent depuis la salle la position de Patricia Perdrizet et rappellent les accords sur la liste des membres d’honneurs, successivement acceptés et rejetés par le bureau.

À 11h50, les candidats de la liste du bureau viennent se présenter.
Dominique Radrizzani, conservateur du musée Jenisch à Vevey, Suisse fait remarquer que si il est là aujourd’hui, «c’est qu’il n’est pas si difficile de se libérer un lundi matin». La salle réagit vertement et n’évite pas une remarque sur les montres suisses.
Étienne Robial s’avance ensuite et énumère un très long et très prestigieux C.V, où se croisent Wim Wenders, Pierre Lescure et Marrakech. La salle siffle d’admiration. Étienne Robial affirme que Menu «a tout fait tout seul», que les fondateurs n’ont pas grand chose à leur crédit et qu’ils sont «des déserteurs». Lewis Trondheim et Killoffer répondent qu’ils ont été «poussés dehors» et qu’ils veulent revenir.
Guillaume Dégé, enseignant à l’École supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg prend ensuite la parole et explique qu’il soutient Menu, qui lui a apporté une aide décisive dans le conflit qui l’a opposé à sa direction deux ans plus tôt. Killoffer rappelle alors «qu’il n’y a pas que du mauvais chez Menu». Dégé continue en disant l’importance de L’Association et son angoisse de la voir disparaître. Quelqu’un dans la salle lui répond que toute l’assemblée présente souhaite la même chose.
Se présente ensuite Stéphane Distinguin, entrepreneur et président de Silicon Sentier, responsable d’un audit de L’Association trois ans plus tôt. Il parle de «remettre L’Association dans les rails», ce qui lui vaut d’être chahuté par la salle. À son engagement bénévole, quelqu’un lui demande sous quelle forme a été rémunéré l’audit: FaberNovel, sa société, a reçu en remerciement 3 exemplaires de tous les livres présents au catalogue de L’Association. Philippe, comptable de L’Association, rappelle à Stéphane Distinguin les conclusions «officieuses» de l’audit, qui identifiait J.C Menu comme la source des dysfonctionnements internes de la structure. Les échanges sont vifs entre la salle et la scène, Robial entamant une longue série de remarques vexatoires. Sa femme, Barbara, se fait connaître du public en agressant verbalement Jean-Louis Gauthey, éditeur de Cornélius; elle deviendra, par ses interventions enfiévrées, la vedette de la journée.
Barbara Pascarel (sans rapport avec la Barbara précédemment citée), bibliographe, correctrice et dataire au collège de Pataphysique, vient se présenter, parvenant difficilement à couvrir les discussions qui se tiennent dans la salle.
Charles Berberian prend la parole depuis la salle et dit son attachement à la structure. Il dit aussi son respect pour le travail éditorial de Menu et plaide pour les fondateurs trouvent une solution commune. «Quel est votre projet ?» demande Franky Baloney, auteur et éditeur aux Requins Marteaux, à Trondheim, Killoffer et David B. La salle se calme pour écouter Killoffer répondre: un retour à la formule originelle de L’Association, basée sur un comité éditorial. Il propose que les 7 fondateurs soient élus au conseil d’administration pour une période transitoire, à l’issue de laquelle L’Association convoquerait une nouvelle A.G et se doterait d’un conseil d’administration plus «technicien» et d’un comité éditorial élargi à d’autres auteurs de la maison d’édition. David B. dit son envie de voir paraître l’intégrale du «Haut Mal» à L’Association réunifiée, Mokeït décrit Menu comme «un roi élu qui se croit de droit divin» et lui dit qu’il s’est «comporté comme un porc vis à vis des salariés». Menu s’énerve: «Si je suis un porc, tuez-moi !» La salle l’assure que personne n’en veut à sa vie. Lewis Trondheim confirme qu’il partage la proposition exprimée de Killoffer.

À 12h30, Patricia Perdrizet accepte que les deux listes soient fusionnées.
Menu prend la parole, énervé, et décrit cet accord comme de la «bouillabaisse», rappelant qu’on ne l’a pas consulté pour l’inclure dans la liste proposée par les salariés. Il a ensuite quelques exclamations à caractère scatologique que la sténo saisit consciencieusement. La séance est levée pour une demie-heure, le temps que soient décomptées toutes les procurations. Pendant que la majorité des adhérents va boire un verre au soleil au bord du canal, les discussions et les négociations se poursuivent dans la salle. Les avocats des deux parties discutent, les salariés, Menu et les autres fondateurs aussi, beaucoup d’auteurs sont là, qui encouragent les échanges.

À 13h15, tout le monde revient dans la salle pour voter. Patricia Perdrizet monte sur scène et annonce que seule la liste proposée par le bureau sera recevable, revenant sur ce qui a été décidé une heure plus tôt. Éclats de colère dans la salle, cris, brouhaha. Un Charles Berberian furieux crie au piège. Il réclame de savoir qui a pris cette décision. «Moi.» répond Patricia Perdrizet. «Quand ?!» hurle-t-on. «Maintenant.» répond-elle. La salle boue se colère, les auteurs et les adhérents rivalisent d’imagination dans les invectives qu’ils lui lancent. Killoffer monte sur scène et prend le micro. Il s’adresse à la salle, couvrant le tumulte: «On s’en fout, on fait comme on a dit, les deux listes sont fusionnées et vous votez pour les sept personnes de votre choix !». L’avocat de L’Association, du bas de la scène, avertit la salle que le scrutin pourra être contesté. Dans la confusion extrême qui suit, beaucoup se demandent si c’est encore la peine de voter. Marie, salariée, explique qu’il faut le faire, ne serait-ce que pour que le résultat soit enregistré. D’autres veulent un résultat, coûte que coûte. «On fusionne et on vote !» hurle la salle. Patricia Perdrizet baisse les bras. On apprend à ce moment-là que 4 personnes sur les 14 initialement présentées par le bureau ont souhaité ne plus figurer sur la liste.
Les adhérents sont appelés nominativement pour voter.

À 14h00, le vote est achevé. Beaucoup s’en vont, les uns pour prendre un train, les autres pour répondre à leurs obligations. Ceux qui restent profitent du beau temps, buvant un verre un soleil en évitant les roues des camions de la caserne de pompiers voisine.
À l’étonnement de beaucoup, Menu et ceux qui ont été décrits comme ses adversaires parlent ensemble tranquillement, Killoffer chante avec lui, David B. lui serre la main, Jean-Louis Gauthey lui lit son horoscope, Carmela plaisante avec lui… Sans parler de réconciliation, on constate que les liens ne sont pas détruits entre ces gens-là. Pendant que Robial fait preuve d’une étonnante agressivité et que sa femme amuse la galerie, le dépouillement a lieu dans la salle.

Aux alentours de 15h30, les résultats sont annoncés:

JC Menu : 297 voix
Killoffer : 223 voix
David B : 222 voix
Mokeït : 222 voix
Lewis Trondheim : 221 voix
Mattt Konture : 220 voix
Stanislas : 219 voix
Etienne Robial : 81 voix
Guillaume Dégé : 79 voix
Stéphane Distinguin : 79 voix
Zab Chipot : 76 voix
Patricia Perdrizet : 61 voix
Barbara Pascarel : 22
Dominique Radrizzani : 28 voix
Laetitia Zuccarelli : 2 voix.
Isabelle Thierry-Rival : 0
Nuls : 3

L’annonce des résultats ne déclenche pas d’hystérie mais des sourires se lisent sur les visages. Les personnes présentes, quand bien même elles se sont opposées sur les listes, continuent d’échanger dans une ambiance détendue. Quelques-uns se demandent si le scrutin sera contesté par la présidente. De l’avis général, le fait que la liste des salariés l’ait emporté tout en plébiscitant Menu aboutit à un consensus qui semble satisfaire la majorité des deux camps.

C’est sur ce résultat et dans ces conditions climatiques favorables que s’achève l’Assemblée Générale de L’Association du lundi 11 avril 2011.

dimanche 10 avril 2011

Point de vue

Nous vous proposons ici le lien d'un texte de Jean-Louis Gauthey, qui donne son sentiment sur la crise en cours à L'Association.

Depuis le début du conflit, Jean-Louis Gauthey, fondateur des éditions Cornélius et compagnon de route de L'Association, est accusé de vouloir profiter de la situation pour précipiter la mort de L'Association.

Ce texte devrait permettre de ridiculiser ces assertions. Il fournit par ailleurs un point de vue complémentaire sur ce qui a déjà été publié ici.

lundi 4 avril 2011

Communiqué de Killoffer

Nous reproduisons ci-dessous un message de Killoffer, autant par volonté d'information que par envie de réjouir les yeux du plus grand nombre.


killo

La date de l'Assemblée Générale

L'assemblée générale de L'Association se tiendra donc

le lundi 11 avril à 10 heures

au Point éphémère
200 quai de Valmy
75011 - Paris
(métro Jaurès ou Louis Blanc)

Pour ceux qui auraient des difficultés (bien compréhensibles) pour se libérer à cette date et à cette heure-là, il est possible de s'y faire représenter par un tiers en lui donnant procuration. Vous pouvez l'imprimer et le remplir pour le confier à la personne de votre choix.

AG

Sur les médiations

Comme nous l'avons évoqué ici-même précédemment, des tentatives de médiation étaient en cours de manière informelles depuis la fin du festival d'Angoulême. L'objectif de ces médiations était de mettre un terme à la crise et de trouver pour J.C Menu et les salariés de L'Association un mode de fonctionnement permettant à la structure de sortir de l'impasse tout en respectant ses fondamentaux. Beaucoup d'auteurs, à titre individuel ou en groupe, ont participé à ces médiations.

Au cours des deux mois qui viennent de s'écouler, les discussions ont été nombreuses, notamment avec J.C Menu. Il est apparu au fil du temps que celui-ci n'entendait pas concéder quoi que ce soit, revenant sur les promesses qu'il avait faite ou coupant court aux débats. C'est donc avec regret et déception que les médiateurs ont baissé les bras.

Le comité de soutien entend dire ici qu'il déplore:

  • - que l'assemblée générale soit organisée un lundi matin à 10 heures, qui plus est pendant les vacances de Pâques. Rappelons que depuis la création de L'Association, les assemblées générales ont toujours été organisées le samedi, de sorte que les adhérents et les auteurs puissent facilement s'y rendre.

  • - que la liste des membres d'honneur, dans laquelle sont élus les représentants du bureau, ait été changée par le bureau actuel et J.C Menu (aux deux-tiers, Laetitia Zuccarelli ayant refusé de signer).

  • - que les auteurs de L'Association aient été effacés de cette liste.

Le comité de soutien considère que ces pratiques sont indignes de L'Association et contraires à son idéal. Pire, l'absence d'auteurs dans cette liste apparaît pour nous comme un signal négatif, dont chacun tirera librement les conclusions qu'il voudra.

Le comité de soutien appelle les adhérents à assister à cette assemblée générale ou à s'y faire représenter par un tiers, à s'y exprimer et à voter.
Rappelons qu'une assemblée générale est un lieu de bilan et de discussion. Dans ce cadre, des propositions ou des contre-propositions peuvent être faites et votées.

Que chacun vienne s'exprimer selon sa perception des choses.

Longue vie à L'Association!

Communiqué de David B.

Nous relayons ici, à sa demande, un texte de David B. qui revient sur l'histoire de L'Association et sur la crise en cours.

Selon la formule consacrée, les propos de David B. n'engagent que lui.

Cependant, sa "vérité" ne nous apparaît pas moins recevable que celle des salariés ou de J.C Menu, qui ont eu tout loisir de s'exprimer librement sur l'affaire.

Voici donc le témoignage de David B.


Tiens, encore un texte de Menu… De l'argumenté, du solide, du «nous travaillons à résoudre la crise»… Rien de très nouveau pour qui a été le témoin de son évolution. En effet, cela fait des mois, voire des années, que Menu travaille à s'annexer l'Association, à en faire sa chose, son jouet, son caprice.

Voici donc la liste des membres d'honneur parmi lesquels seront choisis ceux qui constitueront le futur bureau de L’Association, tous triés sur le volet par Menu et adoubés par lui. On y remarque la présence de quelques fondateurs: Robial, co-fondateur de Futuropolis, Dionnet, co-fondateur des Humanoïdes Associés et Menu, co-fondateur de L'Association.
Il me semble cependant qu'il manque à cette liste quelques fondateurs: Stanislas, Mattt Konture, Killoffer, Mokeït, Lewis Trondheim et moi même. Il est vrai que, comme je le disais plus haut, tout le travail de Menu consistant à s'approprier L'Association, nous devons disparaître de la photo, processus déjà entamé dans ses Bandelettes où il nous réduit au simple statut d'auteurs.

Devant les derniers événements qui ont marqué L’Association, devant les menaces qui pèsent sur les salariés et devant les mensonges toujours plus grossiers que s’obstine à diffuser Menu sur la création et l’histoire de L’Association, j’estime qu’il est temps pour moi de donner ma version des faits. Je m’étais gardé de le faire jusqu’à présent pour ne pas nuire à la structure; l’égoïsme et la cécité de Menu auront entraîné pour L’Association des conséquences bien plus regrettables.

Menu est à l'origine du projet de L'Association, aucun des fondateurs ne l’a jamais nié. Mais ce projet, il a choisi — et il a eu besoin — de le faire avec d'autres. L'Association s'est montée ainsi, quand bien même la chose lui déplaît aujourd’hui.
Menu veut oublier que L’Association s’est toujours appuyée sur un comité éditorial, que nous y participions, que nous y apportions des idées, des projets, des auteurs, que les discussions enrichissaient le processus et que cet apport allait bien au-delà du rôle de «fournisseurs de livres» auquel Menu voudrait nous cantonner à présent.

Il s’attribue, avec une grandiloquence un peu puérile, «la définition des axes, la position politique, la direction graphique et tout le discours» de L’Association. Qu’on me permette de sourire devant un tel ramassis de foutaises. Mettons les choses au clair: j'ai toujours conçu et réalisé mes couvertures moi-même, comme la plupart des fondateurs. De même, j’ai toujours dessiné mes albums librement, sans me préoccuper d’appliquer une soit-disant ligne politique — inventée tardivement. C’est Menu qui a plaqué son discours sur notre travail, pas l'inverse.

Dans ses diverses communications, Menu n’oublie jamais de mettre en avant que son bureau, qui gère la crise à grands lancers d'huile sur le feu, est «compétent et bénévole». Bénévoles, nous l'étions aussi. Pour notre participation active au travail éditorial, nous n'avons jamais touché un centime. Nous percevions les droits d’auteur des ventes de nos livres, ce qui, dans les premiers temps, ne représentait pas grand chose. Publier chez les «grands sales éditeurs capitalistes» était ce qui nous permettait de gagner notre vie.
Cet état de choses, Menu s’est souvent fait plaisir à nous le reprocher. Bien hypocritement d’ailleurs, puisqu'il est rapidement devenu salarié de L’Association, contrairement à nous qui devions nous «compromettre» pour gagner l’argent — et le temps — nécessaires à la réalisation de nouveaux livres pour la structure.
À l’époque, Menu était confronté à une difficulté profonde à dessiner; il a alors souhaité s’investir plus dans la structure et nous a demandé, lors d'une réunion du comité éditorial, à ce qu’un rôle de coordinateur/administrateur lui soit confié, contre rémunération, ce que nous avons accepté. Mais rapidement, il a commencé à se plaindre que la tâche était écrasante et qu'elle l’empêchait de dessiner. Nous lui avons donc proposé d'engager quelqu'un pour le décharger de la partie la plus rébarbative de son travail. Mais il a refusé tout net cette solution; sans pour autant cesser de se lamenter. Lorsque ces plaintes le reprennaient, nous lui répondions par la même proposition, qu’il déclinait à chaque fois de manière catégorique. À force de rejouer la même scène, nous avons fini par nous retrouver dans une situation sans issue, dont nous avons dû nous accomoder (par nous, je veux dire les co-fondateurs). Les choses ont continué sur ce mode, ponctuées par les crises de mauvaise humeur stériles de Menu, ses reproches et ses états souvent erratiques.

Un jour, Menu nous annonce qu'il va créer sa propre maison d'édition pour publier les carnets de Tardi.
Il n'est pas content avec nous? Non, il n'est pas content. Il veut son truc à lui tout seul.
De quel droit l’aurions-nous empêché de réaliser ce souhait? Nous le voyons donc monter son projet et lui donnons quelques conseils d'amis qu'il écarte avec fureur. Nous le voyons partir vers la catastrophe sans rien vouloir entendre. La catastrophe arrive, le livre se plante. Cette expérience, malheureusement, ne servira pas à le calmer et à lui faire considérer avec plus de sérénité notre fonctionnement collectif. Il faut croire qu’elle a même entraîné Menu plus loin dans sa volonté de pouvoir et de revanche.

J'ai pu lire dans les différentes interviews données à l’occasion des 20 ans de L'Association que nous avions quitté la structure pour des divergences éditoriales. Tiens donc! Une explication simple, efficace, qui serait très belle si elle n’était une réécriture facile des événements.
J'ai le souvenir d'une réunion du comité éditorial en 2004 où un Menu ivre nous annonce qu'il «nous dissout»; c'est à dire qu'il dissout le comité éditorial tout en nous disant qu'il sait que légalement il n'a pas le droit de le faire mais qu'il le fait quand même, etc. Ses raisons? Il a 40 ans, il n'a rien, nous autres sommes connus… alors il veut l'Asso pour lui tout seul. Rien que ça! Nous lui faisons valoir que nous n’avons pas à payer pour ses frustrations d'auteur, dans lesquelles nous ne sommes pour rien — mieux, nous l'avons toujours encouragé à dessiner, nous lui avons proposé des solutions pour le dégager de ce travail qu’il avait exigé! Il répond qu’il s'est sacrifié pour nous et que nous lui devons quelque chose, nos carrières en l'occurrence. Il veut oublier que sans notre travail et sans nos livres, L’Association ne serait pas ce qu’elle est…
Nous discutons pied à pied. Rien à faire, un mur, tout comme aujourd'hui. Il veut ce qu'il veut et il l'aura, quoi qu'il doive lui en coûter d'hypocrisie, de manoeuvres sournoises et d'amitié perdue. Nous partons en bloc et nous le plantons-là, seul avec ses mensonges.

Nous sommes loin de la divergence éditoriale.
Et nous flairons surtout que depuis le succès de Persépolis, il y a beaucoup d'argent dans les caisses et que Menu, seul à la tête de l'Association, pourra en profiter à sa guise. Il s'est d'ailleurs déjà octroyé un pourcentage de 2% sur les droits perçus par L’Association pour les ventes aux USA du livre de Marjane.
Il nous envoie dans les jours qui suivent un long communiqué pour justifier par toute une batterie d'arguments son abus de pouvoir — plus traces de ses jérémiades et de ses frustrations, il a réfléchi après coup et s'est construit un argumentaire à sa mesure de chef. Killoffer reprend ses arguments un par un dans une réponse à son communiqué et les démonte avec drôlerie et pertinence, un morceau d'anthologie!

Quelques temps plus tard, il nous demande de «revenir». Une réunion de «réconciliation» est organisée où il nous caresse dans le sens du poil tout en nous disant qu'il n'a pas de compte à nous rendre. Je trouve la chose contradictoire mais garde mon scepticisme pour moi, suivant le mouvement de cette «réconciliation» par solidarité.

Je ne détaillerai pas les avanies, l'arrogance et les mesquineries des mois qui suivent. Au cours de cette période, il m'apparaît clairement que le fait de nous virer (de quel droit?) en groupe la foutait mal et qu'à présent, il est décidé à nous pousser dehors un par un, reprenant des méthodes déjà bien éprouvées par quelques patrons inventifs. Menu, s'il n'est «pas un patron et n'en sera jamais un», comme il l’affirme dans ses Bandelettes au même moment où il veut virer arbitrairement des salariés, sait très bien utiliser les méthodes des patrons les moins respectables.
Quoi qu’il en soit, je résiste jusqu'au jour où j'apprends la sortie de Platebandes
. Je suis toujours au comité éditorial et voilà que L’Association sort un livre que je n'ai jamais vu! Menu n'a pas eu le courage de me le faire lire car il contient des attaques sur des proches. La lâcheté que je pressentais chez cet homme se fait jour. Puisqu'il en est au point d'avoir honte de me présenter ses écrits et puisque je suis exclu, de fait, du comité éditorial, je décide de ne plus mettre les pieds à L’Association.

C’est alors que je deviens un traître et que je suis systématiquement stigmatisé et diffamé, cela afin que ma parole soit discréditée par avance. Je ne peux pas faire grand chose d’autre que d’admirer la tactique: on a fait comme si je n’existais plus afin que je prenne la responsabilité de partir, et on me reproche ce départ en me désignant comme un perturbateur. La fable est simple, beaucoup y croient, je comprends qu’il ne sert à rien de vouloir contrer cette «vérité», je me concentre sur mon travail.
Ceci se passait en 2005.

Ensuite? Là encore, il serait fastidieux d'énumérer les petites bassesses régulières du personnage, mais de plus en plus nettement se révèle son appétit pour le pouvoir et l’argent.
En 2006, un montage hasardeux et rocambolesque prévoyait de fonder une société immobilière qui aurait acheté un local et l’aurait loué à L’Association. Les co-fondateurs de L’Association (à l’exception de moi-même, marqué du sceau infâmant de la traîtrise), se voyaient proposé d’entrer dans la société pour une part minoritaire, Menu étant, toujours au nom de son fameux "sacrifice", actionnaire majoritaire. Comme il n'avait pas de logement parisien à cette époque, il exigeait que le local comprenne un appartement à lui destiné, (toujours ce sens du sacrifice). Le problème, c’est que L’Association devait prêter à Menu une partie de l’argent qui devait lui servir à acheter le local qui aurait ensuite été loué à la structure…
Un tel montage étant illégal, il finit par renoncer à ses ambitions immobilières.

Les autres co-fondateurs rompent avec Menu cette même année.
Réaction du bureau, dont on rappelle qu’il est décrit comme «compétent et bénévole»? Aucune. Le bureau «compétent et bénévole» est là pour s'occuper des caprices de Menu, le bureau n'est pas là pour les autres. L’Association n’aura plus d’assemblée générale après 2007.

Durant cette période, qui va de 2006 à nos jours et pendant laquelle Menu achève de s’accaparer tous les pouvoirs, les crises internes sont nombreuses. Menu est lunatique, distant, voire absent. Paranoïaque, aussi. Se sentant menacé par la connaissance historique et le regard critique de Charlotte et Céline, il pousse vers la sortie ces deux salariées en ayant recours une nouvelle fois à ses techniques de harcèlement et de pression psychologiques.
Les salariés sont de plus en plus confrontés à ses choix irrationnels et à la difficulté d’avoir avec lui des conversations constructives. Il embauche et licencie des gens sans réflexion, ne se préoccupant pas des conséquences de ses choix, pas plus que de la législation en vigueur.
Parce qu’il n’est pas patron? Plutôt parce qu’il n’en a pas la carrure. Car comment justifier l’embauche d’une salariée sur un coup de tête et son licenciement, alors qu’elle est enceinte, à peine plus d’un an plus tard? Il est illégal de licencier une femme enceinte? Pas de problème, là encore le harcèlement et les humiliations permettront d’en finir, même si L’Association doit dédommager la salariée à hauteur de 50 000 euros pour éviter d’être traînée aux Prud’hommes.

Il est évident que le bureau «compétent et bénévole» est co-responsable avec Menu des drames et de la gabégie observés depuis 2006. Et qui aboutit à la situation d’aujourd'hui: 4 mois de crise, 3 semaines de grève, le stand de l'Association en grève à Angoulême (ce qui ne s'était jamais vu chez aucun éditeur de mémoire de festivalier). Menu, évidemment, rejette la faute sur les salariés et les fondateurs; toujours cette façon de se faire passer pour la victime là où lui et ses acolytes sont les agresseurs. Se drapant dans un idéal de continuité de l'Association là où il veut tout bêtement accomplir le putsch qu'il nous accuse de fomenter.

De toute façon, quelle continuité Menu peut-il encore prétendre garantir?
L’Association a été fondée sur un idéal collectif, sur un fonctionnement collégial, sur un respect du livre et des auteurs.

Or l’assemblée générale est organisée un lundi matin à 10 heures, premier jours des vacances de Pâques. Pour que le moins de personnes puissent y assister, y débattre et y voter.
Or l’assemblée générale ne présente qu’une liste, celle de Menu, constituée de ses acolytes, comme dans n’importe quelle dictature ordinaire.
Or cette liste ne comprend pas un seul auteur. Ils ne font plus partie des membres d’honneurs. Ils ne sont plus consultés. Ils ne sont plus que des auteurs, comme dans n’importe quelle maison d’édition. Pire, on va créer pour eux une catégorie à part. C'est ça, la politique de Menu depuis quelques années: «mettre les gens à part».
Or Menu enfreint une nouvelle fois les règles, en réclamant que des adhésions et des chèques soient envoyés chez lui, à son adresse personnelle.

Si on ne fait rien, on peut facilement prévoir la suite.
Un bureau fantoche sera élu. Menu aura enfin les pleins pouvoirs. La crise sera réglée. Les salariés seront liquidés, licenciés, usés, ou dégoûtés comme nous l’avons été. Menu embauchera de nouvelles personnes et recommencera le même drame. Car il n'a aucun don pour les relations humaines, il va même jusqu’à le revendiquer. Pourquoi dans ce cas, continue-t-il à s’en mêler? Pourquoi le bureau «compétent et bénévole» l'a t-il laissé faire? Pourquoi envisage-t-on de poursuivre sur ce constat d’échec? Pourquoi?
C’est vrai, ça. Pourquoi voter pour ces gens-là? Pourquoi accepter cette liste? Pourquoi laisser couler sans rien dire l’idéal de L’Association? Pourquoi ne pas voter pour une vraie continuité? Pourquoi ne pas venir et changer les choses?

J’ai été content de soutenir et de participer à ce mouvement lancé par les salariés, par la solidarité qui c'est manifesté entre nous, par les discussions, les échanges. J'y ai retrouvé quelque chose de ce que j'avais vécu aux débuts de l'Association. Alors pourquoi pas?

David B.
Co-fondateur et auteur.

jeudi 31 mars 2011

Nouveau communiqué des salariés de L'Association

Comme vous avez pu le constater, nous avons choisi de ne pas communiquer ces derniers temps, afin de ne pas interférer avec les tentatives de conciliation qui se déroulaient "en coulisse". Il faut admettre aujourd'hui que la médiation a échoué. Nous nous exprimerons plus en détail sur cet échec dans un prochain message. Mais avant celà, nous reproduisons ci-dessous un nouveau communiqué des salariés de L'Association, qui contient une partie des informations sur lesquelles nous reviendrons.

Chers adhérents, chers auteurs, chers amis,

Comme vous avez pu le lire, l’assemblée générale ordinaire de L’Association se tiendra le lundi 11 avril prochain à 10h.

Nous n’avons pas pris la parole depuis la fin de la grève, en grande partie parce que nous souhaitions que l’assemblée générale soit convoquée dans les meilleurs délais. Toute prise de parole de notre part, puisqu’elle aurait critiqué ce qui s’est produit depuis le 9 février, aurait pu en retarder la convocation.
 
Rappelons que les statuts définissent le rôle de l’assemblée générale ordinaire comme suit :

  • - renouveler tous les deux ans le conseil d’administration, élu par les adhérents,
  • - soumettre au vote des adhérents les rapports d’activité et financier de l’année précédente.

Étant donné que notre légitimité à aborder le volet juridique a été questionnée — relativement à notre demande de convoquer une assemblée générale ordinaire — il nous semble opportun de clarifier les raisons pour lesquelles nous nous sommes engagés sur ce terrain (point 1).
Nous reviendrons ensuite sur les semaines qui viennent de s’écouler (point 2).


1) L’ASSOCIATION EN DANGER ?

Les raisons du mouvement de grève

Nous nous sommes mis en grève suite à l’annonce le 3 décembre 2010 de trois à quatre licenciements, sans qu’il puisse être discuté de l’argument économique qui les motivait ni que nous soit offerte la possibilité de proposer des solutions alternatives.

En juin 2010, suite à des allusions répétées à des difficultés économiques encourues par la structure, Jean-Christophe Menu s’était engagé à ce que nous nous asseyions autour d’une table, en septembre de la même année, pour envisager ensemble l’avenir de L’Association et discuter d’un projet commun.

Malgré nos nombreuses sollicitations à partir de septembre (auprès de Jean-Christophe Menu et du bureau), nous n’avons obtenu aucune date de réunion avant le 3 décembre où, en guise de projet, on nous a annoncé ce licenciement collectif.

Nous avons été, entre le 3 décembre 2010 et le 10 janvier 2011 (date du début de notre grève), dans l’impossibilité de trouver un interlocuteur, le bureau et Jean-Christophe Menu se renvoyant la balle sur leur responsabilité à s’engager dans une discussion.

Nous vous rappelons qu’à aucun moment nous n’avons été opposés à ces licenciements tant qu’une discussion pouvait être menée pour envisager d’autres options.

Si, en tant que salariés, nous n’avons pas notre mot à dire sur le volet juridique, nous sommes en droit de demander un cadre de travail clair, de pouvoir identifier à qui incombent les responsabilités, surtout quand il est question de décisions aussi graves que des licenciements.

Nous avons donc dénoncé la légitimité du bureau, représentant légal de L’Association, qui ne s’est que rarement impliqué dans la vie de la structure et dont le mandat est expiré depuis le 10 septembre 2007. Nous souhaitions que soit convoquée une assemblée générale pour qu’ait lieu l’élection d’un conseil d’administration (comme le prévoient les statuts), composé de personnes prêtes à s’investir réellement, à assurer un véritable suivi, à même de faire le lien entre Jean-Christophe Menu et les salariés et capable, si nécessaire, de jouer le rôle de conseil.

Au cours de l’assemblée générale ordinaire annuelle doivent être présentés les rapports d’activité et financier de la structure. Les licenciements ayant été motivés par des raisons économiques, il nous paraissait primordial qu’elles soient exposées aux adhérents.

L’Association, une structure économiquement saine

L’ordre du jour de l’AG du 11 avril ne prévoyant ni un point sur l’activité de ces cinq dernières années, ni une présentation des comptes 2010 ou des exercices précédents, nous souhaitons vous faire part de certains éléments en amont pour que vous puissiez questionner les propos des instances dirigeantes et voter en connaissance de cause.

Certains d’entre vous ont déploré que nous n’avancions pas de chiffres pour justifier notre position, quand nous disions que la structure était saine et que nous étions en droit de mettre en doute l’argument économique des licenciements. Notre statut de salariés rendait la divulgation d’informations internes à la structure extrêmement délicate. Cependant, étant donné que Jean-Christophe Menu s’appuie dans son texte public Bandelettes sur les chiffres en omettant des détails d’importance, donnant ainsi une lecture partielle (voire erronée) de la situation, nous avons le devoir de vous informer en prévision de l’AG du 11 avril 2011.

Tout d’abord, contrairement à ce qu’affirme Jean-Christophe Menu, le résultat d’exploitation des dernières années est un bénéfice d’exploitation et non un déficit.

En 2008 :

  • - chiffre d’affaires : 1.769.391 euros
  • - résultat d’exploitation: +241.587 euros
  • - résultat net : +185.773 euros (bénéfice)

En 2009 :

  • - chiffre d’affaires : 1.171.769 euros
  • - résultat d’exploitation : +87.834 euros
  • - résultat net : +69.767 euros (bénéfice)

(résultat d’exploitation = résultat hors produits (ou charges) financiers et impôts) (résultat net = bénéfice ou perte)
source : rapports d’activités 2008 et 2009 de L’Association à la Pulpe produits par l’expert-comptable

La grève a été levée à l’issue de la réunion du 8 février qui s’est tenue chez notre avocat en présence de Jean-Christophe Menu, des membres du bureau, des salariés, de l’expert-comptable et d’Emmanuel Guibert et François Girard à titre de témoins. Nous y avons présenté notre interprétation des chiffres selon laquelle, en dehors de l’accident lié à la liquidation du Comptoir des indépendants, nous serions bénéficiaires en 2010. L’expert-comptable n’a pas invalidé notre analyse et a affirmé (les éléments comptables n’étant pas arrêtés, il s’agit simplement d’une évaluation officieuse de sa part) que notre résultat net serait de 50.000 euros environ.

L’Association, après avoir connu une certaine prospérité, semble être non pas dans une phase de profonde décroissance mais plutôt de stabilisation.

Si la liquidation du Comptoir des indépendants laisse une ardoise qui s’élèvera au maximum à 150.000 euros, L’Association a les liquidités suffisantes pour faire face à cet accident. Et les liquidités restantes permettent amplement de subvenir au besoin en fonds de roulement (trésorerie nécessaire au fonctionnement de l’activité).

Enfin, Jean-Christophe Menu écrit dans son texte public Bandelettes que, conscient des difficultés de L’Association, il avait décidé de se faire licencier de la structure en mars 2010. Il a effectivement été licencié et les indemnités légales correspondant à ses dix années de présence lui ont été versées. Ce qu’il omet de dire, c’est que, sur le prévisionnel 2011 qui nous a été fourni le 28 janvier 2011, figure une ligne d’honoraires annuels ayant pour bénéficiaire Jean-Christophe Menu et s’élevant à 60.000 euros. S’il est normal que le directeur éditorial soit rétribué pour son travail, il est malhonnête d’utiliser son départ pour induire tacitement que la structure est fragile, qu’il s’est sacrifié pour L’Association, alors qu’il compte se rémunérer à cette hauteur en 2011.

  Pour quelles raisons, alors que la situation financière de L’Association est saine, prétendre le contraire ?


    2) LE POINT SUR LES DERNIERES SEMAINES

Nous avons repris le travail le 9 février suite aux trois engagements du bureau et de Jean-Christophe Menu :

  1.    l’annulation des licenciements,
  2.     la convocation d’une assemblée générale le 5 mars,
  3.     l’assurance que la liste des membres d’honneur (liste des personnes éligibles au conseil d’administration) serait établie en concertation avec les salariés.

Il n’apparaît pas forcément légitime que nous soyons, en tant que salariés, consultés sur l’élaboration de la liste des membres d’honneur. Nous avons fait cette demande après l’épisode de l’assemblée générale extraordinaire du 22 janvier convoquée en catimini. Ce jour-là, sans convier les adhérents, le bureau actuel (en dehors de Laetitia Zuccarelli la trésorière) et Jean-Christophe Menu avaient tenté de mettre en place un nouveau conseil d’administration.

Il nous paraissait important que cette liste soit la plus large possible, et ceci en conformité avec les statuts et le règlement intérieur qui définissent notamment comme membres d’honneur « ceux qui ont été désignés comme tels par le Conseil d’Administration en raison des services éminents qu’ils ont rendus à L’Association » (article 4 des statuts) ou « les auteurs ayant régulièrement ou récemment publié à L’Association » (article 3 du règlement intérieur).

Valider ensemble une liste de membres d’honneur devait permettre à toutes les bonnes volontés de se manifester et de présenter leur candidature au conseil d’administration. Ce conseil aurait ainsi pu être composé de personnes ayant d’une part des affinités avec Jean-Christophe Menu et les salariés, afin de faire le lien et l’intermédiaire entre l’éditorial et la gestion, et d’autre part une implication à différents niveaux de la chaîne du livre, capables donc d’avoir un regard averti sur notre activité.

Le 15 février, le bureau, Jean-Christophe Menu et les salariés ont travaillé à l’élaboration de cette liste (François Girard et Emmanuel Guibert étaient de nouveau présents). Nous nous sommes accordés sur une liste de 134 personnes.

Le lendemain, Jean-Christophe Menu se rétractait, demandant que certaines personnes soient retirées (éditeurs amis de la structure et salariés). La validation de la liste des membres d’honneur avait été définie comme un préalable à la convocation de l’assemblée générale par la présidente. Les jours suivants (les 18, 21, 23 et 25 février), les salariés ont envoyé plusieurs relances au sujet de la validation de cette liste et de la convocation à l’assemblée générale ordinaire.

Le 2 mars, le conseil d’administration, dont le mandat est expiré depuis le 10 septembre 2007, a validé, à deux voix contre une, une liste de membres d’honneur réduite à 14 personnes.

Jean-Christophe Menu nous a informé le 9 mars de cette décision : le conseil d’administration allait être élu parmi cette prétendue « liste de membres d’honneur » réduite à 14 noms et nous n’avions pas notre mot à dire à ce sujet.

Cette nouvelle liste de membres d’honneur, choisis dans l’entourage de Jean-Christophe Menu et dont la bonne volonté supposée ne remplace pas une connaissance réelle du fonctionnement de L’Association, de ses auteurs et de ses salariés, met en relief que ce n’est pas de l’avenir de la structure que Jean-Christophe Menu s’inquiète mais d’en conserver le contrôle.

Dans leur « Communiqué Officiel » du 19 mars, Patricia Perdrizet et Jean-Christophe Menu présentent la validation d’une nouvelle liste de membres d’honneur comme une mise en conformité « pour régler les déficits juridiques constatés ». Il s’agit en réalité d’un passage en force.

Cette crise est liée à un manque de dialogue et à des relations humaines défaillantes au sein de L’Association. Jean-Christophe Menu avoue dans son texte Bandelettes ses lacunes sur le plan humain : « on peut m’attaquer sur mon manque de faculté au dialogue et aux relations humaines, et on aura raison : je n’ai jamais caché que ce n’était pas mon point fort ». Il a, malgré cela, décidé seul de la solution à apporter à cette crise qui est d’imposer son conseil d’administration en réduisant la liste des personnes qui y sont éligibles.

  L’assemblée générale a été convoquée un lundi matin à 10h, premier jour des vacances scolaires de la zone C, pour qu’un minimum de personnes puisse y assister et participer au débat.

L’ordre du jour est limité à un seul point : l’élection d’un conseil d’administration parmi une liste de membres d’honneur très contestable.

La présentation des rapports d’activité et des bilans comptables des années précédentes n’est pas à l’ordre du jour, contrairement à ce que les statuts exigent (article 13).

Vous aimez L’Association. Votre champ d’action peut paraître restreint. En réalité, ce n’est pas le cas. L’assemblée générale est le lieu du débat entre les adhérents : des décisions peuvent être prises, des propositions peuvent être faites, dans le cadre strict de l’ordre du jour. Il est de votre responsabilité de prendre part à la discussion et au vote pour élire les membres du futur conseil d’administration qui vous paraissent les plus à même d’assurer le bon fonctionnement de la structure dans l’avenir.

Si vous ne pouvez assister à l’AG, faites-vous représenter par un autre adhérent en lui transmettant votre pouvoir.

Nous vous attendons nombreux.

Les salariés  

lundi 21 mars 2011

Mail de J.C Menu

Dans un mail largement diffusé, Jean-Christophe Menu appelle à ce que les adhésions et le réglement afférent de 15 euros soient envoyés à son domicile personnel. Nous tenons à porter à la connaissance des adhérents et des auteurs contactés que cette demande enfreint la loi sur les associations et les statuts de L'Association. Par ailleurs, les tentatives de médiation avec Jean-Christophe Menu et Patricia Perdrizet sont au point mort, ce que déplorent les membres du comité de soutien qui consacrent du temps, de l'énergie et de l'amitié à cette démarche.

Convocation de l'Assemblée générale de L'Association

Nous reproduisons ci-dessous un communiqué officiel du bureau de L'Association.
Certains membres du comité de soutien étant engagés dans une tentative de médiation avec J.C Menu et Patricia Perdrizet, nous limiterons nos commentaires à l'observation que le bureau a choisi de réunir l'assaemblée générale un lundi matin, premier jour des vacances de Pâques. Une curieuse façon de rencontrer les adhérents et les auteurs. Rappelons que toutes les précédentes assemblées générales de L'Association s'étaient déroulées le samedi après-midi.

Chers Auteurs, Adhérents, Amis de L’Association,

L’Association à la Pulpe est en train de résoudre la longue et pénible crise qu’elle vit depuis de longues semaines : ce communiqué tient à vous faire part de l’évolution de la situation.

Conformément à ce qui a été demandé par la “masse salariale” dans le cadre de la crise que l’on connaît, L’Association, représentée par son Bureau actuel, son responsable éditorial et ses divers conseils, a fixé sa date d’Assemblée Général au 11 avril 2011 à 10 h. Cette AG sera essentiellement juridique et, conformément aux statuts, réservée aux Adhérents à jour de cotisation.

Le conflit entre les salariés et les responsables de la structure ayant débouché sur une impasse, L’Association a agi selon ses statuts et la législation pour régler les déficits juridiques constatés. L’actuel Conseil d’Administration a statué sur la liste des “Membres d’Honneur”, qui selon les statuts de L’Association de 1993, toujours en vigueur, sont seuls à même d’être candidats au futur nouveau Conseil d’Administration lors de la prochaine A.G. Ce C.A désignera ensuite en son sein et lors de sa première réunion le futur Bureau (Président, Trésorier, Secrétaire Général).

Rappelons que ces questions juridiques n’ont, malgré l’intense communication des Salariés à ce sujet, jamais été de leur ressort, mais relève du Bureau, bénévole, qui s’est attaché depuis des semaines à tenter de résoudre cette crise. L’Association est en mesure de proposer un programme de renouveau, dans le but de pérenniser la structure, de sauver le projet éditorial, et de laisser ce dommageable conflit derrière elle, afin d’éviter désormais les problèmes de gouvernance et les dysfonctionnements passés.

Jusqu’alors, la liste des “membres d’honneur” n’avait jamais été entérinée par le C.A. comme l’exigent les statuts, et se confondait avec un papier vieux de dix ans énumérant les personnes (auteurs, amis, journalistes, etc) recevant gracieusement les ouvrages de L’Association en S.P. Cela n’était pas conforme aux statuts, ni compatible avec un ensemble de personnes aptes à former un Conseil d’Administration compétent et actif, souhaité par toutes les parties. Le Bureau actuel, à sa majorité, a redéfini la liste des “membres d’honneur” en tenant compte aussi bien de la haute compétence de personnes dont l’expérience a rendu (et/ou est en mesure de rendre) service à la structure, que de qualités humaines à même d’améliorer les échanges entre les différentes parties faisant vivre la structure (l'Editeur - responsable éditorial -, les Salariés, le Bureau).

C’est ainsi que l’on peut trouver dans cette liste Etienne Robial (Fondateur de Futuropolis - le vrai, l’unique) ou Jean-Pierre Dionnet (Fondateur de Métal Hurlant) : quoi de plus symbolique que l’arrivée de ces personnalités pour L’Association, éditeur ayant republié Forest, Gébé ou Charlie Schlingo ? L’Association rappelle ainsi son enracinement dans une Histoire de la Bande Dessinée qui la précède et dont elle est issue, aventure qui survivra bien évidemment à son 20e Anniversaire tourmenté... et dans ces “Membres d’Honneur”, on trouvera aussi Guillaume Dégé, enseignant à l'ESADS de Strasbourg, en contact avec les futures générations.

Qu’entre autres, Pierre Fresnault-Deruelle, pionnier des recherches universitaires sur la Bande Dessinée ; Dominique Radrizzani, conservateur du Musée Suisse de Vevey, connaissant aussi bien Balthus que Forest ; Dominique Matteï, directrice des exemplaires rencontres “BD à Bastia” ; ou Stéphane Distinguin, chef d’entreprise à même d’apporter un regard gestionnaire qui fait défaut à la structure, puissent figurer dans cette liste, montre le niveau professionnel où la future Association entend se situer. On trouvera en annexe la liste complète de ces “membres d’honneur”. Les Auteurs, principaux acteurs du projet éditorial, feront l’objet d’un autre ensemble de “membres”.

Le futur Conseil d’Administration se réunira au moins quatre fois par an, statuera sur toutes les questions d’organisation et de logistique de la structure, examinera le programme défini par le responsable éditorial, et la situation financière en collaboration avec l’Expert-Comptable. Un représentant des Salariés pourra intervenir dans une partie définie de chaque réunion pour soumettre à l’ordre du jour toute question interne.

Par ailleurs, seront organisées également deux à trois fois par an des “réunions éditoriales” avec les Auteurs réguliers de L’Association qui souhaiteront y assister. Ces réunions seront informelles et consultatives : elles permettront à ces auteurs de prendre connaissance des projets déjà planifiés, d’émettre des avis sur les projets de publications, d’amener des projets de tierces personnes, sur lesquels tranchera le responsable éditorial, et plus généralement de développer les rencontres.

Ces propositions, comme d’autres, seront définies plus précisément dans de futurs nouveaux Statuts de L’Association, en cours d’élaboration, et dont l’approbation fera l’objet d’une seconde Assemblée Générale dite “extraordinaire”, avant l’été 2011. Cette seconde A.G permettra également de présenter le rapport financier définitif pour l’année 2010, le rapport d’activité et les perspectives éditoriales. L’A.G du 11 avril aura pour unique ordre du jour l’élection du Conseil d’Administration au sein des Membres d’Honneur qui se présenteront au dit C.A, et le vote de ce Conseil par les Adhérents. Pour être parfaitement en règle avec les statuts, seuls les Adhérents ayant acquitté leur cotisation 2011 assisteront à cette A.G.

Le nouveau cadre dont va ainsi se doter L’Association était, eu égard aux événements récents, devenu impératif pour sortir de l’impasse structurelle et permettre à la Maison d’édition de redémarrer sur des bases saines, malgré la fragilisation effectuée par la crise et sa surmédiatisation.

Néanmoins, l’essentiel se situera au-delà de ce nouveau cadre, tout en étant rendu possible par lui : la pérennité du projet éditorial, et la volonté affirmée de ne pas laisser une telle aventure se déliter ou se détruire en dépit du bon sens. Ce cadre restauré a donc pour première mision de restaurer également l’Idéal de L’Association, tel qu’il a été défini il y a vingt ans, et tel qu’il doit perdurer.

Jean-Christophe Menu, Responsable éditorial.

Patricia Perdrizet, Présidente sortante.

  • * * * * * * *

MEMBRES D'HONNEUR

---

1) CHIPOT, Zab,
Secrétaire générale sortante.

2) DEGE, Guillaume,
Enseignant à l'ESADS de Strasbourg.

3) DIONNET, Jean-Pierre,
Fondateur de Métal Hurlant et des Humanoïdes Associés, Chroniqueur.

4) DISTINGUIN, Stéphane,
Chef d'entreprise, Gestionnaire, Dirigeant Associatif.

5) FRESNAULT-DERUELLE, Pierre,
Théoricien, Professeur émérite à l'Université Paris 1.

6) GIRARD, François (GILA),
Ancier Trésorier de L'Association, Chef-Décorateur.

7) MATTEI, Dominique,
Directrice du Centre Culturel Una Volta et des Rencontres BD à Bastia.

8) MENU, Jean-Christophe,
Responsable Editorial et graphique de L'Association.

9) PASCAREL, Barbara,
Bibliographe, Correctrice, Dataire au Collège de 'Pataphysique.

10) PERDRIZET, Patricia,
Présidente sortante, Directrice de l'association "Un Sourire de toi et je quitte ma mère".

11) RADRIZZANI, Dominique,
Conservateur du musée Jenisch, Vevey, Suisse ; Critique d'art.

12) ROBIAL, Etienne,
Fondateur des Editions Futuropolis, Graphiste, Enseignant à l'école supérieure d'art graphique, Penninghen.

13) THIERRY-RIVAL, Isabelle,
Ex-Agent d'illustrateurs, Enseignante.

14) ZUCCARELLI, Laetitia,
Trésorière sortante.

samedi 19 mars 2011

Liste des signataires

L'appel du comité de soutien a réuni à ce jour 1406 signataires. La liste a été mise à jour.

dimanche 20 février 2011

Soutien et bande dessinée

Bonjour à tous, Nous sommes heureux de vous annoncer l'ouverture d'une grande vente aux enchères de dessins originaux au profit des salariés de L'Association. Pour mener à bien cette opération un site dédié vient d'ouvrir.

À partir du lundi 21 février 2011 à 17 heures, y sera mis aux enchères un dessin par jour. La vente de ces oeuvres, généreusement offertes par des auteurs proches de l'Association, servira à soutenir financièrement les salariés de la structure (l'avocat coûte cher, les photocopies aussi; vous trouverez plus d'informations sur le site).

Plus d'une vingtaine d'auteurs y participent déjà, et la manifestation durera tant qu'il restera des dessins et des clients.

Venez nombreux !
Il est recommandé de diffuser cette information. Merci!

À très bientôt.

Liste des signataires

L'appel du comité de soutien a recueilli à ce jour 1375 signatures. La liste des signataires a été mise à jour.

lundi 14 février 2011

Communiqué de J.C Menu

Dans un texte qu'il a déposé en lecture publique à ce lien, Jean-Christophe Menu donne son point de vue sur la crise actuelle de L'Association. Des médiateurs sont à l'œuvre pour amener les deux parties à se parler. Souhaitons qu'ils y parviennent rapidement afin que le titre de ce blog garde tout son sens.

vendredi 11 février 2011

Communiqué des salariés

Les salariés de L'Association ont repris le travail. Si la situation reste compliquée, une médiation est en cours qui implique des auteurs proches de la structure.
Nous nous associons aux nombreux messages de soutien qui plaident pour une réconciliation des deux parties et reproduisons ci-dessous le nouveau communiqué des salariés.

Chers auteurs, chers adhérents,

En grève depuis le lundi 10 janvier 2011, nous, salariés de L'Association, avons décidé de mettre fin à notre mouvement le mercredi 9 février 2011.

Nous avons obtenu le mardi 8 février, après un mois de grève, la réunion que nous exigions depuis le début en présence du bureau et de l'expert-comptable.
Lors de cette réunion, il nous a été dit que les licenciements annoncés fin 2010 ne sont plus d'actualité.

Nous avons présenté notre analyse économique de la situation de L'Association, démontrant que les arguments économiques avancés pour justifier un licenciement collectif ne sont pas solides. Notre analyse n'a pas été invalidée par l'expert-comptable. JC Menu a alors déclaré que cette décision de licenciement émanait d'une nécessité "philosophique" de radicaliser la ligne éditoriale, de réduire le nombre de parutions et donc de réduire l'activité. Cette nécessité n'aurait selon lui pas à être débattue avec l'ensemble des membres de L'Association.

Une assemblée générale ordinaire a néanmoins été planifiée le samedi 5 mars 2011. La liste des membres d'honneur y sera actualisée et validée. Un nouveau conseil d'administration, responsable et compétent, sera élu par les adhérents parmi les membres d'honneur qui se seront présentés au suffrage. Et enfin, un bureau et un comité éditorial seront désignés par ce conseil.

Un mois de grève pour entamer un dialogue et rétablir un fonctionnement normal d'association nous paraissant trop long, il a été convenu que la question du remboursement des jours de grève des salariés soit abordée lors de cette assemblée générale ordinaire.

Les salariés de L'Association

lundi 7 février 2011

Soutien financier

Pour ceux qui nous le demandent, oui, la picole de soutien s'est parfaitement déroulée, dans une ambiance chaleureuse et sympathique comme sait en créer Le Monte-en-l'air. Les donateurs ont bien bu et les buveurs ont fini par donner, ce qui est une très bonne chose. Un grand merci à tous!
Pour pouvoir centraliser les dons et permettre aux absents de participer, un compte postal a été ouvert par l'association Avelebul qui s'est amicalement proposé pour s'occuper de l'intendance.
Voici leur adresse:

Association AVELEBUL
c/o Céline Merrien
23 rue Faidherbe
75011 Paris

Les chèques sont les bienvenus!

vendredi 4 février 2011

Liste des signataires

L'appel du comité de soutien a réuni à ce jour 1303 signataires. La liste a été mise à jour.

lundi 31 janvier 2011

Picole de soutien

Comme on le dit dans les villages, "c'est pas parce le temps fait la gueule qu'il faut pas faire la fête". Les sept salariés de l'Association entamant leur troisième semaine de grève (pendant que des membres du bureau se prêtent à une campagne un peu dérisoire de pressions auprès des signataires de l'appel du comité de soutien), nous proposons à ceux qui en ont envie de venir boire un verre avec les salariés le 4 février et de leur apporter un petit soutien financier (en clair, ça veut dire qu'il va leur falloir un avocat et qu'il faudrait trouver un peu d'argent).

flyer_l_asso.jpg

dimanche 30 janvier 2011

Nouveau communiqué des salariés de L'Association

Nous relayons avec quelques jours de retard un nouveau communiqué des salariés de L'Association faisant le point sur leur situation et celle de la structure:

"Chers adhérents, chers auteurs,

Après deux semaines de grève dans les locaux de L'Association et de nombreuses propositions de soutien de votre part, il est temps de vous tenir informés de l'évolution de la situation.

Nous n'avons eu, durant ces deux semaines, que très peu de manifestations du bureau et de JC Menu. Seulement une réunion le 12 janvier avec la présidente (Patricia Perdrizet), la secrétaire générale (Isabelle Chipot) et l'expert-comptable, au cours de laquelle nous nous sommes vus accusés d'avoir rendu publique la "crise interne" que traverse L'Association aujourd'hui. Et c'est tout. Les justifications chiffrées qui pourraient expliquer l'annonce du licenciement de la moitié de l'équipe salariale et que nous attendons depuis maintenant deux mois ne nous ont toujours pas été exposées. Par ailleurs, aucune date précise pour la tenue d'une assemblée générale ordinaire n'a encore été arrêtée.

La présidente et la secrétaire du bureau (soient les deux tiers du bureau, la trésorière Laetitia Zuccarelli s'étant désolidarisée du bureau suite à son désaccord avec ce dernier) nous ont proposé jeudi 20 janvier une autre réunion, prévue pour le lundi 24 janvier et censée répondre à nos revendications. Pour cela, ces deux tiers ont décidé de s'adjoindre, aux frais de L'Association, les services d'un "psychosociologue et universitaire" afin de "clarifier" le dialogue.

Il faut néanmoins revenir sur les événements de ce week-end, et plus précisément sur le samedi 22 janvier. Une vingtaine de personnes, soit tous les salariés, quelques auteurs, adhérents et la trésorière de L'Association, ont dû intervenir pour interrompre une assemblée générale extraordinaire tenue secrètement, en toute illégalité. Y étaient présents JC Menu, la présidente et la secrétaire du bureau, quatre personnes présentées comme membres d'honneur de L'Association et l'avocat du bureau. Après diverses tergiversations teintées de mépris, les personnes en présence nous ont finalement avoué à demi-mot tenir une assemblée générale extraordinaire, vraisemblablement planifiée du jour au lendemain (juste avant la réunion que les salariés organisaient à 15h le jour même, afin d'exposer la situation aux auteurs qui le souhaitaient), afin d'y modifier les statuts de L'Association, et ce, sans convoquer un seul adhérent (ce qui est contraire à l'article 13 des statuts ci-joints), mais avec une poignée de prétendus membres d'honneur, dont certains d'entre eux ne figurent pas sur la liste en notre possession.

Vous comprenez bien qu'après pareil événement, il était impossible pour nous d'accepter la réunion du 24 janvier sans prendre le temps de trouver un avocat prêt à nous épauler.

C'est donc avec encore plus de force aujourd'hui que nous dénonçons le fonctionnement global de L'Association. La grève sera reconduite jusqu'à ce qu'une convocation à une assemblée générale ordinaire tenue dans les règles soit expédiée à tous les adhérents et membres d'honneur de L'Association. Aucun salarié n'est prêt à reprendre le travail sous la direction du bureau actuel et de JC Menu dans les conditions décrites plus haut.

Lors d'une assemblée générale ordinaire, les adhérents et les personnes considérées comme "membres d'honneur" (en raison de services rendus à la structure, ou pour avoir publié régulièrement ou récemment à L'Association) élisent un conseil d'administration de 2 à 7 personnes, parmi les membres d'honneur qui se sont présentés candidats. Le conseil d'administration ainsi élu désignera ensuite, parmi ses membres, les 2 à 3 personnes composant le bureau: président, trésorier et/ou secrétaire.

Le samedi 22 janvier, JC Menu et les deux tiers du bureau actuel cherchaient à remodeler à leur avantage cette liste de membres d'honneur et les statuts. Il faut rappeler que le bureau actuel n'a jamais été désigné dans les règles, qu'il s'agit jusqu'ici d'un bureau de prête-noms. Actuellement le conseil d'administration est constitué des membres du bureau.

Il paraît évident que le fonctionnement de L'Association est un mauvais fonctionnement, en désaccord total avec les principes fondateurs de L'Association et l'utopie éditoriale collective qu'elle est censée incarner.

Nous avons eu beaucoup de bons échos ce samedi à la réunion salariés-auteurs que nous avions organisée, alors que de nombreux auteurs découvraient, non sans surprise, une situation complexe et intolérable. Après avoir exposé les dérives actuelles et passées (gestion autocratique du personnel, en terme de prises de décisions non débattues et discutables, en termes de reports systématiques de questions urgentes (comme le site internet ou la réduction du stock), un autre modèle de fonctionnement s'est dessiné très naturellement au fil des discussions.

L'Association devrait fonctionner comme un vrai collectif d'auteurs, épaulés par une équipe de salariés considérés, et encadrés par une structure responsable et démocratique.

Un projet va s'élaborer dans les prochains jours, mettant à contribution les auteurs, les salariés, les proches, et JC Menu, s'il le souhaite. Il nous faut encore travailler sur les articulations précises entre un bureau et un conseil d'administration présents et concernés, un comité éditorial composé d'auteurs aux mandats renouvelables et une équipe de salariés responsabilisés.

Vous pourrez exprimer votre soutien à ce projet par un vote, dans le cadre démocratique de la prochaine assemblée générale ordinaire. Nous vous exposerons ce projet bien évidemment plus en détail, en temps voulu, accompagné d'une liste de personnes éligibles au conseil d'administration.

La question de savoir si JC Menu prendra part ou non à ce projet en tant que membre du comité éditorial et/ou directeur artistique, lui appartient."

Éric Bricka Carmela Chergui Marie Chesnais Fanny Dalle-Rive Nicolas Leroy Philippe Reveau Frédéric Van Linden

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